LES BUNKERS

Mes 6 prédictions sur l’avenir de la formation en ligne. (Et mon plan pour en profiter)

Pré-covid, Miami — Il fait chaud, il fait beau; je suis dans un hamac et je réfléchis à la direction de mon entreprise. (Le rêve quoi!)

C’était loin d’être la première fois que j’y pensais. En fait, ça faisait déjà plusieurs années que je mijotais dans ma soupe d’idées. C’était peut-être le soleil ou les margaritas, mais cette fois, c’était différent. Les carottes étaient cuites.

C’est à ce moment que j’ai pris la décision qu’il était temps… Temps que j’arrête de m’asseoir sur mes succès passés, que je me retrousse les manches et que je redéfinisse une fois de plus mon rôle au sein de l’industrie.

« Un ou deux trimestres » j’ai pensé… « ça ne devrait pas être trop long! »

Le sol s’est brièvement mis à trembler. Que venait’il de se passer?

Le framework du surfer-entrepreneur.

Le framework entrepreneurial que j’utilise comme compas est simple. J’observe un mouvement social, je regarde l’impact que les nouvelles technologies ont sur ce mouvement et j’essaie de recréer une chaîne de cause à effet dans l’objectif de voir quelques années dans le futur.

Un surfeur ne se garroche pas vers la première vague qu’il voit. Plutôt, il fixe l’océan et interprète les patterns pour deviner quand et où la prochaine grosse vague apparaîtra.

Un entrepreneur se demande: où est-ce que ça nous mène tout ça, quelle est la destination finale et comment est-ce que je fais pour accélérer le futur?

En 2015, ça ne prenait pas un Einstein pour voir:

  • Les médias sociaux étaient en train de tuer le modèle d’affaires des médias traditionnels.
  • L’éducation traditionnelle (cégep + université) est une grosse machine archaïque qui coûte cher pour rien.
  • Le coût des caméras étaient en chute libre.
  • Internet était rendu vraiment vite! (Je suis passé de satellite à DSL, vive les régions!)

C’est ce qui m’a permis de me dire: « Hey! Les médias traditionnels souffrent au profit des petits créateurs (blogueurs, podcasteurs et YouTubeurs). La façon qu’on enseigne ne fait pas de sens. Pourquoi ne pas devenir un créateur de contenu éducatif? »

Ainsi, j’ai prédit la décentralisation de l’éducation: le départ de mon aventure entrepreneuriale.

Je ne suis pas devin, meilleur qu’un autre ou même particulièrement inspiré. En fait, PLEIN d’autres ont vu exactement la même chose que moi.

Cependant, deux éléments m’ont permis de me distinguer.

Le premier est simple: ce n’est pas parce que tu vois une opportunité d’affaires que tu as le temps de la saisir!

La plupart des gens sont extrêmement occupés et, si leur vie n’est pas sur une trajectoire similaire, ça ne fait aucun sens de faire un détour pour profiter d’une opportunité aussi incertaine.

Dans mon cas, j’étais très flexible et ouvert d’esprit face à mon futur. Je n’avais aucun engagement fixe et je me suis toujours organisé pour garder le plus d’options possible sur la table.

Plus on avance dans la vie, plus on accumule des responsabilités et moins la prise de risque semble légitime. C’est une triste réalité avec laquelle tout le monde doit composer.

Ceci étant dit, en utilisant le framework du surfer entrepreneur, on est capable de planifier de façon à ce que les opportunités futures ne soient pas des détours, mais bien droit devant sur ton chemin.

C’est exactement ce qui m’est arrivé.

J’explique dans mon infâme article (Comment devenir riche et dominer le monde) que, quand tu n’as aucune idée du genre de projet ou d’entreprise tu pourrais lancer pour avoir un impact important sur le marché, ton plan doit être de te préparer pour l’éventualité où, un jour, une opportunité sera offerte à toi.

Tu m’as bien lu. Si tu n’as pas de plan, ton plan doit être de te préparer pour le jour où tu en auras un. (En accumulant capital, connaissances et relations.)

Dans mon cas, ça faisait plusieurs années que je me préparais à saisir une opportunité. Quand j’ai entrevu la vague, je n’ai même pas eu besoin de nager, j’étais déjà là!

Quand ce genre de situation arrive, il faut tout faire pour accélérer et nourrir cette vague. C’est comme ça qu’on “capture” de la valeur en tant qu’entrepreneur.

Ce jour-là, à Miami, dans mon hamac, j’ai tenté d’appliquer une fois de plus le framework du surfeur-entrepreneur.

À quand la prochaine vague? 🌊

Pour le meilleur ou pour le pire, le déluge d’informations et de coach sous lequel on se trouve présentement était non seulement prévisible, mais inévitable. Et, si tu penses que ça va finir par se calmer, détrompe-toi! On vient d’entrer dans une nouvelle ère et l’industrie de l’information n’en est encore qu’à ses premiers pas et la pandémie ne fait que tout accélérer!

Si on assume que les choses continuent de progresser dans la même direction, voici 6 choses qu’on peut facilement prédire:

  • Pleins de petits joueurs vont continuer à se lancer et l’industrie du cours en ligne va continuer de croître. (Pas juste le B2B, mais le B2C aussi! Cours de peinture, danse, etc)
  • Plus le marché grossis, plus il attire les gros joueurs. Aux États-Unis, on peut déjà voir MasterClass qui a reçu plus de 100M en financement.
  • Cette nouvelle compétition créer une forte pression sur les petits créateurs, les forçant à investir dans de nouvelles technologies (logiciels, équipements, marketing) ou d’engager des spécialistes, baissant progressivement les marges de profits (actuellement très hautes).
  • Du côté du consommateur, l’offre va devenir de plus en plus importante. Trouver et comparer la qualité de l’offre va progressivement plus difficile (et important).
  • Puisqu’il n’y a aucun standard, la reconnaissance des acquis et l’évaluation des compétences va devenir un enjeu majeur!

Il ne faut pas oublier le réseau traditionnel de l’éducation qui représente encore 99% de la tarte. Ces géants ne vont pas se laisser faire et l’adaptation de leur modèle d’affaires, récemment accéléré par le COVID, va accélérer la boucle que je viens de décrire.

🥇 L’âge d’or des formations en ligne

On ne va pas se mentir, ça n’a jamais été aussi simple, rapide et peu coûteux de se lancer en tant qu’infopreneur.

Plusieurs en profitent pour partager leur savoir et organiser une communauté autour de leur passion. Beaucoup réussissent à en vivre et plusieurs en tirent un revenu similaire à celui d’un dentiste.

L’industrie est 1) en expansion rapide, 2) offre peu de compétition et 3) n’est aucunement régulé.

Mis à part nos passionnés qui se lancent pour les bonnes raisons, c’est facile de voir comment ce scénario peut attirer des individus un peu moins gentils qui cherchent à réaliser un profit rapide.

Le marché est relativement récent et c’est encore facile (à tort ou à raison) de convaincre les consommateurs de payer 1000, 2000 ou même 5000$ pour une formation.

Je veux être clair, le Canada est un pays libre. Tu peux ben vendre ta formation le prix que tu veux.

Par contre, lorsque ton truc de 8000$ ne fait que reprendre le contenu d’un livre que n’importe qui peut se procurer pour 29.99$ sur Amazon? (Ahem Méthode KLT ahem )

On ne va pas se mentir, il y a beaucoup d’arnaques. Je dois avouer que j’ai peur… Combien devront se faire vider les poches par des vendeurs de rêve avant que les consommateurs ne deviennent méfiants?

En tant « qu’insider », j’ai beaucoup de conversations avec d’autres infopreneurs et ça fait peur à quel point beaucoup d’entres eux sont inconfortable face à leurs produits.

Je dis ça, mais en même temps je prends un vilain plaisir à observer leur spectacle de gymnastique mentale pour justifier leur prix sans se sentir trop mal… Un vrai cirque!

Pour que tu comprennes de quoi je parle, voici un exemple réel:

Quelqu’un vend une formation sur le dropshipping (un e-commerce où tu vends un produit avant de l’avoir acheté). Pour montrer à quel point c’est facile, il montre son dashboard Shopify indiquant qu’il a vendu pour 50 000$ après un seul mois. Wow, ça semble trop beau pour être vrai! La formation coûte normalement 5000$, mais pour un temps limité, c’est possible de s’inscrire pour 500$.

500$ pour potentiellement faire 50 000$, ça semble être un fichu bon deal! Comment refuser?

Ce que le formateur ne dit pas, mais qu’il dit à des personnes comme moi (parce qu’il n’a aucune idée de ce qu’il fait et a besoin de quelqu’un pour l’aider), est que sur son 50K$, il n’a réalisé AUCUN profit!

Pire encore! Pour arriver à ce chiffre d’affaires aussi rapidement, le coach brûle l’équivalent du montant en publicité Facebook, ce qui lui donne une perte nette de plusieurs dizaines de milliers de dollars!

Mais ce n’est pas grave, c’était le plan depuis le départ!

Tu as bien compris. L’objectif, avant même d’avoir lancé sa boutique, était de vendre une formation fondée sur un mensonge.

Je ne sais pas pour toi, mais moi je trouve ça franchement dégueulasse. C’est impossible que ça continue comme ça. Les consommateurs vont perdre confiance et les entreprises ne voudront plus investir dans ce genre de formations pour leurs employés.

Si ton ami te dit qu’il vient de s’inscrire à un cours en ligne et que ta première réaction est de rouler les yeux, alors c’est le début de la fin.

C’est un peu comme quand un ami du cégep t’écrit après un silence radio complet pendant plusieurs années pour te parler d’une « opportunité d’affaires » incroyable, mais qu’il doit absolument être en personne avec toi pour t’en dire plus. 🙄

Bref, le public perd confiance aux formateurs indépendants et les entreprises ne veulent plus rien savoir.

Ceux qui se font avoir sont ridiculisés et les professeurs sont mis en marge dans leur petite bulle d’infopreneurs qui vendent des formations à d’autres infopreneurs qui veulent apprendre comment vendre plus de formations à des infopreneurs.

L’appel de la mer… 🧜‍♀️

Clairement affecté d’un coup de chaleur et possiblement déshydraté par les margaritas, mes projections finissaient toutes par se terminer par ce genre de vision cauchemardesque.

Sans incitatif externe, l’industrie de la formation en ligne ne sera jamais légitimisé… et c’est un problème. L’éducation est le pilier central de toute civilisation et, présentement, ce pilier est rempli de pyrite.

Notre société a BESOIN de revoir ses méthodes d’enseignements pour tous. Un vague — non… Un tsunami approche. J’entends l’appel des sirènes, l’appel de l’aventure.

Dès mon retour au Québec, je me suis mis à exécuter!

Je savais que, pour avoir la moindre chance d’avoir un impact sur l’industrie, j’allais avoir besoin d’aide — beaucoup d’aide!

Cependant, il ne faut pas mettre la charrue devant le bœuf. Avant de partir à la recherche d’une équipe, je devais m’assurer de mettre sur pied les infrastructures nécessaires.

La première de ces infrastructures était la transformation de ma plateforme en marketplace.

L’idée est de permettre aux clients de facilement évaluer l’offre de formations en les comparant sur les mêmes bases. Les témoignages sont authentiques et la structure de cours standardisés. Les politiques de remboursements sont clairs et généreuses et les formations sont unifié par une communauté active via un forum de discussion moderne.

Le but est également d’offrir aux formateurs une plateforme tout-en-un simple et efficace pour qu’ils puissent se concentrer sur l’essentiel: aider les gens.

Non seulement ça, mais en ayant plus d’un professeur sur une même plateforme, c’est également possible de créer un système d’affiliation sur mesure visant à stimuler la collaboration entre les enseignants.

Ce projet de « quelques mois » s’est vite transformé en aventure de près de deux ans! Il aura fallu attendre à août 2020 pour que cette plateforme voit le jour.

Ceci étant dit, même si c’est fabuleux d’avoir une plateforme pour distribuer des formations, reste encore à les créer!

La deuxième infrastructure nécessaire était donc de créer et d’offrir tous les outils nécessaire aux formateurs pour créer le meilleur contenu possible.

C’est là que mon projet de Studio a vue le jour: une solution tout-en-un qui permet même à un pygmée n’ayant jamais entrevu la civilisation de créer du contenu vidéo d’une qualité irréprochable.

Ce studio est enfin prêt et a déjà été utilisé par plusieurs formateurs pour augmenter la qualité de leur formation tout en accélérant la production.

J’ai ouvert mon studio de Trois-Rivières au grand public en Novembre 2020. J’ai ajouté un studio à Québec en juin 2021 et un à Montréal en septembre 2021. (Clique ici si ça t’intéresse)

Une fois qu’on a la plateforme, la communauté et le studio, ne reste plus qu’à créer un système pour 1) recruter et 2) encadrer les enseignants dans la 3) création et la 4) distribution de leur formation en ligne! Tout en 5) validant la qualité du contenu de façon décentralisé et impartiale.

Right now, tout est fait à la main. Pour que La Tranchée puisse faire 10X, je dois réussir à automatiser et systématiser tout ça — c’est mon défi pour les 2 prochaines années.

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